Bonne nouvelle pour la grande majorité des Français : la taxe d'habitation sur les résidences principales a définitivement disparu depuis le 1er janvier 2023. Mais en 2026, quelque 3,7 millions de contribuables continuent de recevoir un avis d'imposition. Qui sont-ils ? Combien paient-ils ? Et que faire si vous pensez être concerné à tort ?
La taxe d'habitation sur la résidence principale : définitivement supprimée
Une réforme progressive de 2018 à 2023
La suppression de la taxe d'habitation n'est pas arrivée du jour au lendemain. Elle est le fruit d'une réforme engagée dès 2018, sous le gouvernement Édouard Philippe, dans le cadre de la loi de finances. À cette date, 80 % des ménages les plus modestes ont commencé à bénéficier d'un dégrèvement progressif. Les années suivantes ont vu les 20 % restants intégrés au dispositif par étapes successives, jusqu'à la suppression totale et définitive pour toutes les résidences principales au 1er janvier 2023.
Autrement dit, depuis cette date, plus personne en France ne paie de taxe d'habitation sur le logement dans lequel il réside habituellement - qu'il soit propriétaire, locataire ou même occupant à titre gratuit.
Ce que cela signifie concrètement pour les locataires et propriétaires
Concrètement, si vous habitez votre logement principal, vous n'avez rien à payer et rien à faire de particulier. L'exonération s'applique de façon automatique, sans condition de revenus et sans démarche spécifique. Elle concerne indifféremment les propriétaires et les locataires, dès lors que le logement constitue leur résidence principale. Les dépendances immédiates - comme un garage ou une cave - situées à moins d'un kilomètre du logement principal sont également exonérées.
Comment savoir si son logement est bien considéré comme résidence principale ?
La définition juridique est claire : un logement est considéré comme résidence principale lorsqu'il est occupé effectivement et habituellement plus de huit mois par an. C'est le critère central retenu par l'administration fiscale. Pour le prouver, en cas de contrôle ou de litige, plusieurs éléments font foi : l'adresse déclarée sur la déclaration de revenus, les factures d'électricité ou de gaz à votre nom, votre adresse postale habituelle ou encore votre lieu d'inscription sur les listes électorales.
Qui doit encore payer la taxe d'habitation en 2026 ?
Les propriétaires et usufruitiers d'une résidence secondaire
La taxe d'habitation subsiste en 2026 pour les résidences secondaires. Elle a d'ailleurs été officiellement rebaptisée " taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale ". Sont redevables en premier lieu les propriétaires d'un logement qu'ils n'occupent pas à titre principal : une maison de vacances à la mer ou à la montagne, un appartement de ville conservé pour des séjours professionnels ponctuels, un pied-à-terre familial... Les usufruitiers - c'est-à-dire ceux qui ont le droit d'usage et de jouissance du bien sans en être pleinement propriétaires - sont également soumis à cette taxe.
La situation est appréciée au 1er janvier de l'année d'imposition. Si vous possédez une résidence secondaire au 1er janvier 2026, vous êtes redevable de la taxe pour l'intégralité de l'année 2026, même si vous vendez le bien en février.
Les locataires à l'année d'une résidence secondaire
Un point souvent méconnu : les locataires ne sont pas exemptés de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. Si vous louez à l'année un logement qui ne constitue pas votre résidence principale - par exemple un appartement dans une ville où vous travaillez occasionnellement, tout en ayant votre domicile fiscal ailleurs - c'est vous qui êtes redevable de la taxe, et non le propriétaire. La source gouvernementale service-public.fr confirme explicitement cette règle.
Les propriétaires de logements vacants
Une troisième catégorie de contribuables est concernée : les propriétaires de logements vacants. Ces biens font l'objet d'une taxe spécifique, la taxe sur les logements vacants (TLV) ou la taxe d'habitation sur logements vacants (THLV) selon les communes, maintenue indépendamment de la réforme de 2023. L'objectif affiché est d'inciter les propriétaires à remettre ces logements sur le marché de la location ou à les vendre, dans un contexte de tension persistante sur le marché immobilier dans de nombreuses villes françaises.
Quel est le montant de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires ?
Les critères de calcul
Le montant de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires est calculé à partir de la valeur locative cadastrale du bien, c'est-à-dire une valeur théorique déterminée par l'administration en fonction de la surface du logement, de son état général et de sa localisation. À cette base sont appliqués des taux votés chaque année par les collectivités locales (commune et intercommunalité). Contrairement à la taxe sur la résidence principale qui tenait compte des revenus du foyer, la taxe sur les résidences secondaires ne dépend pas de vos ressources personnelles.
Le montant moyen en 2024-2026 et son évolution récente
Selon les données compilées par Moneyvox, le montant moyen de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires s'élève à environ 1 125 euros par an. Ce chiffre est en hausse sensible : la taxe a progressé de plus de 100 euros en 2024 par rapport à l'année précédente. Cette augmentation s'explique principalement par la revalorisation des bases cadastrales et par les hausses de taux votées par certaines communes, notamment dans les zones touristiques fortement sollicitées.
Les variations selon les communes
Les disparités entre communes sont considérables. Une résidence secondaire dans une commune rurale peu attractive fiscalement peut être taxée à quelques centaines d'euros par an, tandis que le même type de bien dans une station balnéaire ou une ville très touristique peut dépasser plusieurs milliers d'euros. Certaines communes ont d'ailleurs la possibilité d'appliquer une majoration pouvant aller jusqu'à 60 % de la taxe de base sur les résidences secondaires, dans les zones géographiques où la pression sur le logement est jugée particulièrement forte.
Y a-t-il des exonérations ou réductions possibles ?
Les cas d'exonération prévus par la loi
Quelques situations permettent d'échapper à la taxe d'habitation sur une résidence secondaire, même en étant propriétaire. C'est notamment le cas lorsque vous êtes contraint d'occuper un logement professionnel (comme un logement de fonction) tout en conservant un autre bien qui pourrait techniquement être qualifié de résidence secondaire. Il existe également des exonérations pour certaines personnes âgées hébergées en établissement spécialisé qui conservent leur ancien domicile, sous conditions.
Les dispositifs de réduction applicables
Des dispositifs de réduction peuvent exister dans certains cas particuliers. Il convient cependant d'être prudent sur ce point : si certaines sources évoquent des possibilités d'allègement, seules les conditions expressément prévues par la loi et confirmées par les sources officielles (impots.gouv.fr et service-public.fr) font foi. En cas de doute, il est recommandé de contacter directement le centre des impôts dont dépend le bien concerné, ou de consulter un conseiller fiscal.
Quelles démarches effectuer en 2026 ?
La déclaration d'occupation obligatoire avant le 1er juillet 2026
C'est l'une des obligations les plus importantes de l'année 2026 pour tous les propriétaires immobiliers : vous devez déclarer l'occupation de chacun de vos biens via le service " Biens immobiliers " disponible sur votre espace personnel impots.gouv.fr, et ce avant le 1er juillet 2026. Cette déclaration permet à l'administration fiscale d'établir correctement les avis d'imposition et de distinguer les résidences principales (exonérées) des résidences secondaires (taxables). Si vous ne réalisez pas cette déclaration, vous risquez de recevoir un avis de taxe d'habitation même pour votre résidence principale, par défaut de qualification.
Comment contester un avis de taxe d'habitation reçu à tort ?
Si vous recevez un avis de taxe d'habitation que vous estimez injustifié - par exemple parce que le logement concerné est bien votre résidence principale - vous disposez d'un droit de réclamation. La démarche s'effectue soit via la messagerie sécurisée de votre espace personnel sur impots.gouv.fr (rubrique " Ecrire "), soit par courrier adressé au centre des finances publiques dont dépend le bien. Joignez tous les justificatifs prouvant l'occupation principale du logement (avis de taxe foncière, factures d'énergie, déclaration de revenus mentionnant cette adresse). Le délai de réclamation court généralement jusqu'au 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement de l'impôt.
Où et comment payer ?
Pour ceux qui sont effectivement redevables, le paiement s'effectue en ligne sur impots.gouv.fr, par prélèvement automatique ou par chèque. La mensualisation est possible et permet d'étaler le règlement sur l'année. La date limite de paiement est généralement fixée en novembre, avec un délai supplémentaire de quelques jours pour les paiements en ligne. Tout retard de paiement est assorti d'une majoration de 10 %.
Questions fréquentes sur la taxe d'habitation 2026
Je suis non-imposable sur le revenu : dois-je quand même payer la taxe d'habitation sur ma résidence secondaire ? Oui. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires n'est pas conditionnée aux revenus du contribuable. Même si vous n'êtes pas soumis à l'impôt sur le revenu, vous restez redevable de cette taxe si vous détenez une résidence secondaire.
Mon garage est-il taxé avec ma résidence secondaire ? Oui, si ce garage ou cette dépendance (cave, remise, parking...) est situé à moins d'un kilomètre de votre résidence secondaire, il entre dans le calcul de la taxe d'habitation au même titre que le logement lui-même.
J'ai vendu ma résidence secondaire en cours d'année : dois-je payer la taxe pour toute l'année ? La taxe est due par le propriétaire au 1er janvier de l'année d'imposition. Si vous étiez propriétaire au 1er janvier 2026, vous êtes redevable de la taxe pour toute l'année 2026, même si vous avez vendu le bien en cours d'année. Il est d'usage de négocier un remboursement proratisé avec l'acheteur au moment de la vente, mais cela ne change rien vis-à-vis de l'administration fiscale.
Combien de résidences secondaires sont concernées en France ? Selon les chiffres de l'INSEE, la France compte environ 3,7 millions de résidences secondaires. C'est le périmètre des contribuables encore soumis à la taxe d'habitation en 2026.